La plateforme multi-centrique French Connect a tenu sa journée annuelle, rassemblant chercheurs, cliniciens et bioinformaticiens autour d’un objectif commun : harmoniser et évaluer la performance de l’analyse du ctDNA (ADN tumoral circulant libre) pour le suivi de la maladie résiduelle minimale (MRD) dans les lymphomes.
Une infrastructure bioinformatique en consolidation
La journée a débuté par une présentation approfondie des avancées de la plateforme bioinformatique de French Connect, assurée par Pierre-Julien Viailly (Centre Henri Becquerel, Rouen). Ce socle technique commun, partagé entre les différents centres participants, constitue le cœur de la démarche d’harmonisation portée par la plateforme : garantir que les données issues de centres distincts soient comparables, reproductibles et exploitables dans le cadre d’analyses multicentriques. Les développements présentés témoignent d’une montée en maturité progressive de l’infrastructure, condition nécessaire à la fiabilité des résultats cliniques et translationnels générés par les projets en cours.
Quatre panels, quatre fronts de recherche
L’après-midi a été consacrée à un tour d’horizon des projets de recherche actifs sur chacun des panels développés par la plateforme, illustrant la diversité des entités lymphoïdes couvertes par French Connect.
Le Panel B, dédié aux lymphomes B, a fait l’objet d’une présentation par Marie-Hélène Delfau et Alexis Claudel (Hôpital Henri Mondor, Créteil), portant sur les dernières données de performance et les perspectives d’utilisation clinique en suivi de MRD.
Le Panel MCL (lymphome à cellules du manteau) a été présenté par Yannick Le Bris (CHU de Nantes), avec un focus sur les spécificités de ce sous-type histologique dans le contexte du monitoring par ctDNA, et sur les questions méthodologiques encore ouvertes.
Le Panel HL (lymphome de Hodgkin) a été abordé par Cédric Rossi (CHU de Dijon), qui a présenté les avancées liées à l’utilisation du ctDNA dans cette entité, dont les caractéristiques biologiques posent des défis analytiques spécifiques.
Enfin, le Panel T, consacré aux lymphomes T, a été présenté par Sylvain Carras (CHU Grenoble Alpes), un domaine où la détection et le suivi par ctDNA restent particulièrement complexes, mais porteurs d’enjeux cliniques majeurs.
Une dynamique collaborative au cœur du projet
Au-delà des présentations scientifiques, cette journée a illustré la vitalité du réseau French Connect. La participation active de nombreux centres, l’Institut Carnot CALYM (Bertrand Nadel et Constance Enriquez), LYSARC (Emeline Mollaret et Romain Ricci), Institut Universitaire du Cancer de Toulouse (Cathy Quelen, Charlotte Syrikh et Camille Laurent), CHU de Rennes (Marion Haas), Hôpital Necker (Aurore Touzart) et CHU de Lille (Gauthier Decool), témoigne de l’ancrage national de la plateforme et de l’engagement collectif de ses membres.
La force de French Connect repose précisément sur cette logique de travail partagé : mutualiser les expertises, confronter les données entre centres et construire des référentiels communs qui pourront, à terme, alimenter des études cliniques et translationnelles à grande échelle.
Un grand merci au PSCC ainsi qu’à Karine Ramayet et Catherine Laporte pour leur accueil et l’organisation de cette journée.